Chronique habitude de vie : les transports actifs et la sécurité de mon enfant

Termes:

La dernière fois que je suis allée reconduire ma filleule à l’école, j’ai été stupéfiée de voir la circulation automobile autour de l’école; des voitures stationnées en double pour laisser descendre les enfants de la voiture, des automobilistes impatients faisant crisser leurs pneus, certains dépassant même l’autobus scolaire avec ses clignotants, d’autres à la course pour traverser la rue avec leur enfant devant une automobile qui roule… Wow! Tout un fouillis.

Je me suis alors demandée… Qu’est-ce que je souhaiterais comme environnement pour ma filleule qui arrive à l’école chaque matin? Et moi, comment est mon environnement de vie près de ma maison et de mon travail?

La première image qui m’est venue à l’esprit… Venise! Si vous avez visité Venise, vous savez que cette ville roule au rythme des piétons. Même le détective Brunetti dans les romans de Dona Leon mène ses enquêtes à pied! Lorsqu’on marche dans la ville, on entend l’humain vivre : les enfants jouer, les voix du restaurant de quartier, le marchand de journaux… Le niveau de bruit et la vitesse des mouvements sont tels que l’atmosphère y est calme.

Bien sûr, nous n’avons pas la réalité de Venise qui est entourée d’eau, mais ne pourrions-nous pas faire en sorte que l’environnement de nos enfants soit plus calme et plus sécuritaire autour de l’école? 

En fait, je me suis demandé si, avec tout ce brouhaha, les enfants étaient vraiment plus en sécurité dans un véhicule qu’à pied. Nous avons peur de laisser nos enfants se rendre à l’école à pied et c’est légitime : il y a des rues plus passantes, des secteurs moins sécuritaires. Mais le temps serait-il venu de travailler tous ensemble, parents, écoles, municipalités, pour trouver des alternatives? Car des alternatives, il y en a. Il suffit d’être créatif. 

En voici quelques-unes :

  • organiser un Trottibus dans notre quartier (un parent fait la route à pied, ramassant les enfants un à un à des arrêts déterminés), 
  • participer au programme À pied, à vélo, ville active!, 
  • laisser son enfant à quelques coins de rues de l’école plutôt que de le reconduire directement à la porte,
  • si le temps le permet, marcher avec notre enfant jusqu’à l’école avant de filer au travail,
  • organiser des groupes d’enfants qui se déplacent vers l’école, les plus grands accompagnant les petits… 

Les enfants n’en seront que gagnants : les grands auront l’occasion de démontrer leur autonomie et les petits pourront entretenir des liens privilégiés avec les grands, tous arrivant à l’école plus réveillés, oxygénés et mieux disposés à apprendre.

Il suffit de prendre le temps de se parler et d’organiser notre petite communauté locale pour vivre avec nos enfants des expériences plus saines vers l’école.

Voici ce que je souhaite pour ma filleule pour son  entrée quotidienne à l’école. Maintenant, comment suis-je prête à m’investir pour y arriver? 

sonia.lussier [at] nature-action.qc.ca (Sonia Lussier), responsable des communications
Nature-Action Québec