La conservation des milieux naturels : un outil d’adaptation aux changements climatiques

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Selon les études réalisées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le Consortium Ouranos, les changements climatiques en cours devraient engendrer une hausse de la température et une modification du régime de précipitations. Qu’en est-il au Québec ? Quels impacts auront les changements climatiques sur les populations québécoises ? Comment la conservation des milieux naturels permet de lutter et s’adapter à ces derniers ?

Dans le sud du Québec, les scientifiques prévoient une hausse de la température moyenne entre 4 et 7°C d’ici 2100. Qu’est-ce que cela signifie ? Concrètement, cette augmentation implique que nous connaîtrons un plus grand nombre d’épisodes caniculaires et des précipitations plus fréquentes et plus intenses. Ces changements se font déjà ressentir et ont déjà eu un impact catastrophique sur la population. Par exemple, en 2018, Montréal a connu des canicules à répétition qui ont causé 66 décès. Pareillement, les épisodes de pluie dont la récurrence était évaluée à chaque 50 ou 100 ans arrivent maintenant à chaque printemps, générant des inondations qui ont des conséquences énormes sur la population. Pensons seulement à Gatineau où près de 2 000 sinistrés ont été victimes des inondations au printemps dernier.

Le tissu urbain est actuellement formé de structures minéralisées, c’est-à-dire constitué de matériaux qui absorbent de grandes quantités de chaleur et la libèrent dans l’air ambiant (béton, asphalte, brique, etc.). Ce type d’urbanisation engendre des impacts négatifs sur la qualité de vie de la population et sur la santé humaine. En effet, selon la Direction de santé publique, la chaleur accablante entraîne non seulement de l’inconfort mais provoque également de nombreux problèmes de santé (faiblesses, aggravation des symptômes liés aux maladies chroniques). Ceux-ci touchent particulièrement les populations dites vulnérables (personnes âgées et enfants de 0 à 4 ans), qui sont plus susceptibles de souffrir d’épuisement et d’un coup de chaleur.

Ces mêmes zones minéralisées constituent aussi un problème majeur lors de la fonte des neiges et lors d’épisode pluvial intense. En raison de leur imperméabilité, ces surfaces empêchent l’infiltration naturelle des eaux de ruissellement dans le sol, entraînant une forte pression sur le réseau d’égout des villes, puis menant à une augmentation des inondations, des refoulements d’égout, ou des surverses dans certains cas.

Comment lutter et s’adapter à ces variations climatiques ?

Bien que ce concept soit relativement récent au Québec, l’instauration d’une ceinture et trame verte et bleue autour des grandes villes a débuté dans les années 30. Londres est la première ville à avoir mis ce concept sur pied et à l’avoir intégré à son développement du territoire. L’objectif étant de permettre une meilleure conciliation entre les villes, l’agriculture et la nature. Plus précisément, il s’agit de garder et protéger la fonctionnalité des biens et services rendus par les milieux naturels, d’assurer la conservation de ces derniers et enfin de les rendre accessible à la population.

Quels sont les biens et services rendus par les milieux naturels ? Pourquoi les conserver est essentiel pour lutter contre changements climatiques ?

Les différents types de milieux naturels qui existent (forêts, milieux agricole, milieux humides, cours et plans d’eau, etc.) ont des impacts positifs sur le quotidien des communautés. Par exemple, les îlots boisés constituent des zones de fraicheur urbaines grâce à l’ombre projetée au sol et au phénomène d’évapotranspiration des arbres. Cette diminution de la température de surface peut atteindre 20°C de moins ! De plus, les arbres représentent des surfaces perméables permettant de capter les eaux de ruissellement et de désengorger le système pluvial des villes. Ils régulent également la qualité de l’air en captant les polluants, mais également la qualité de l’eau en jouant un rôle de filtreur naturel. Ce ne sont que quelques exemples des biens et services rendus par les écosystèmes forestiers, mais ils sont bien réels et constituent des éléments essentiels pour les villes et la qualité de vie des citoyens.

En résumé, l’adaptation aux changements climatiques passe par un développement durable du territoire, qui prend en compte la conservation des milieux naturels et l’implantation d’infrastructures vertes. En effet, les milieux naturels apportent des bénéfices non négligeables aussi bien sur la santé des populations, que l’économie des villes, la sécurité publique et la protection de l’environnement. Il existe une panoplie de moyens pour protéger les milieux naturels, pour en savoir plus visitez : www.nature-action.qc.ca La conservation des milieux naturels étant au cœur des solutions pour contrer les changements climatiques, d’autres chroniques de Nature-Action sur la question suivront celle-ci. Soyez attentifs !

Pour information : 

Marine Regnier, Biologiste, M. Sc
Chargée de projets
Gestion des milieux naturels
marine.regnier [at] nature-action.qc.ca
450 536-0422, poste 407