Corridor forrestier


Qu'est-ce qu'un corridor forestier?

Les boisés répartis sur un territoire donné et reliés les uns aux autres permettent à la faune et à la flore de s’y déplacer pour satisfaire leurs besoins vitaux. L’ensemble de ces habitats forestiers forme un couloir, d’où l’appellation de corridor forestier.

Afin de permettre aux espèces de combler leurs besoins vitaux, le corridor forestier doit avoir une largeur minimale variant en fonction de l’espèce.  Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada recommande que la largeur minimale optimale d’un corridor forestier soit établie à 900 mètres afin de répondre aux exigences vitales de la majorité des espèces. De plus, pour que la faune puisse en tirer le meilleur profit, un corridor forestier ne devrait pas être interrompu sur une distance de plus de 200 mètres.

PHOTOS
Jean-François Desroches, Nature-Action Québec
Jacques Boudreault  © Le Québec en images, CCDMD
Philippe Quesnel PNMSB



Nature-Action Québec


Nature-Action Québec


P. Pitre, Parc national du
Mont-Saint-Bruno


De précieux services

La préservation d’un corridor forestier et des milieux naturels qui le constitue entraîne de nombreux bénéfices : écologiques, économiques et sociaux.

Les différents écosystèmes que renferme un corridor forestier permettent de préserver et de maintenir une grande biodiversité. Refuge pour la faune et la flore, le corridor forestier permet d’établir des liens entre les diverses communautés. Ces écosystèmes assurent également aux espèces des aires de reproduction, d’alimentation, de repos et d’abri. En plus de permettre des échanges génétiques entre les populations, le corridor forestier permet aux espèces de recoloniser des endroits d’où elles avaient disparu, à la suite d’une perturbation.

Les corridors forestiers offrent aussi l’avantage, en zone agricole, de faire office de brise-vent tout en conservant l’eau au niveau du sol (rétention). Grâce à leurs racines, les arbres, les arbustes et les plantes aident à prévenir l’érosion des sols. Les zones humides absorbent l’eau (crue, pluie, fonte des neiges, etc.) et la libèrent graduellement, réduisant les impacts des inondations.

Enfin, les corridors forestiers sont de véritables havres de paix où l’on peut pratiquer diverses activités récréatives (randonnée, observation de la nature, canotage, etc.). Ils permettent aux individus de se détendre et sont souvent la source d’inspiration pour de nombreuses créations artistiques. La seule présence d’un milieu naturel suffit souvent à conférer une grande valeur aux terrains résidentiels situés à proximité.

Sources :

Duchesne, S, Bélanger, L, Grenier, M. et F. Hone. 1999. Guide de conservation des corridors forestiers en milieu agricole. Service canadien de la faune.  Environnement Canada.  60 p.

Savoie, C., Brière, D. et  P. Caron. 2002. Le phénomène de déboisement — Évaluation par télédétection entre le début des années 1990 et 1999, région Montérégie. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, 25 p.

Site Internet d’Environnement Canada : http://www.qc.ec.gc.ca/faune/
(consulté en janvier 2006)


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La forêt montérégienne perd du terrain 

La Montérégie représente l’un des plus importants bastions de la biodiversité au Québec. C’est également la région subissant les plus importantes pressions de développement agricole, urbain et industriel. Selon un rapport de Géomont publié en 2009, le couvert forestier s'établirait présentement à environ 27,5 % du territoire.

Des études récentes menées par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada démontrent que lorsqu’un territoire passe sous le seuil de 50 % de couvert forestier, on peut considérer qu'il y a fragmentation des habitats forestiers. Les forêts se retrouvent alors découpées en petits îlots séparés les uns des autres et bien souvent, ceux-ci ne répondent pas convenablement aux besoins des espèces (alimentation, reproduction et autres). Les échanges entre les populations deviennent limités, rendant les espèces plus vulnérables. De plus, une baisse significative de la biodiversité est observée lorsque le couvert forestier passe sous le seuil de 30 % du territoire. En ce sens, la situation des habitats forestiers de la Montérégie est donc préoccupante.

Forêt montérégienne
Nature-Action Québec


La zone tampon : une protection naturelle!

Une zone tampon définit un espace physique situé autour d’éléments d’intérêt écologique dont il protège l’intégrité. Un corridor forestier peut contenir plusieurs zones tampons. Ce sont des endroits importants pour le maintien de la biodiversité ainsi que pour la conservation des milieux naturels. Par exemple, la bande de terrain qui entoure le territoire d’un parc de conservation constitue un tampon entre cet espace protégé et le milieu qui l’entoure.
 
À l’intérieur de la zone tampon, on peut observer de nombreux mécanismes d’échanges ou de compétition entre les espèces. Cette zone joue également un rôle de filtre physique et chimique. De plus, dans certains cas, les zones tampons permettent de relier entre eux des habitats qui seraient autrement isolés.  Elles limitent donc la dégradation et la fragmentation de certains habitats tout en ayant un effet positif sur le paysage.

Tortue Serpentine
Tortue serpentine, Patrick Brissette


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